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Née avec des skis

publié le 8 déc. 2008 à 16:46 par Admin Admin   [ mis à jour : 8 déc. 2008 à 16:47 ]

«Tous les Norvégiens sont nés avec des skis.» Je pense que c’est vrai. Je chausse des skis depuis toujours. Je skiais pour me rendre à l’école, pour me rendre chez mes grands-parents et pour aller au magasin. Le ski de fond m’a ouvert beaucoup de portes et j’en ai des souvenirs extraordinaires que j’aimerais partager avec vous.

J’ai commencé à courser à l’âge de 10 ans, et j’ai gagné ma première course à 12 ans. Nous étions environ 15 filles de mon âge dans ma région, et on coursait une contre l’autre toutes les fins de semaine, de la fin décembre à la mi-mars. En février nous participions à une course nationale avec 300 filles. À l’âge de 19 ans, il ne restait plus que 50 filles.

Durant les Jeux de Lillehammer en 1994, j’ai convaincu mes parents de stationner une roulotte en bordures de Lillehammer, pour que je puisse m’entraîner sur le site nordique. Tous les jours, après une course, je me rendais sur les pistes et je faisais semblant d’être athlète olympique. Je ressentais tout l’esprit des Jeux Olympiques, avec les spectateurs sous les tentes installées au bord des pistes – avec hot-dogs et café au feu!

Après une année comme skieur senior, j’ai commencé à songer à mon avenir. J’étais fatiguée de courser en Norvège et voulais essayer quelque chose de différent. Quelques amis de l’équipe norvégienne de développement étaient déjà aux États-Unis, aux études ou pour faire du ski. Je voulais aller les rejoindre. Comme l’Université du Utah m’offrait une bourse d’études, j’ai plié bagages et me suis rendue à Salt Lake City. L’Université du Utah avait la meilleure équipe collégiale dans le temps et on disait qu’il y avait là la meilleure neige au monde, avec une moyenne de 13 mètres de neige par année. Je comptais y demeurer une année et retourner en Norvège pour skier en compétition. Mais je suis restée un peu plus longtemps que prévu!

J’ai skié de façon compétitive pendant 4 ans comme membre de l’équipe de l’Université du Utah. Ça m’a donné l’occasion de visiter les États-Unis, de skier, de terminer mes études, et d’avoir du plaisir en même temps. On a gagné le championnat NCAA deux années de file, et je suis devenue amie avec nombreux bons skieurs venant de tous les coins du monde. J’ai aussi connu John Aalberg, gérant du Comité organisateur du ski de fond à Salt Lake City et chef des compétitions durant les Jeux de Salt Lake City. Il était originaire de la Norvège, mais était devenu citoyen américain et skiait avec l’équipe américaine à Lillehammer et Nagano. Il m’a offert le poste de Coordonnatrice des sports nordiques des Jeux de 2002. J’étais très excitée de l’occasion de travailler avec John. Huit ans après les Jeux de Lillehammer, me voilà non seulement faisant partie des Olympiques, mais aussi les organisant.

Les Jeux de Salt Lake City furent les plus grands Jeux Olympiques jamais tenus, avec 78 médailles et 3 500 athlètes. Un tiers des médailles fut remis sur le site nordique de Soldier Hollow. Il y a eu 16 jours de compétitions et donc pas question de se tromper. Les athlètes sont arrivés une semaine avant le début des Jeux. La plupart s’étaient entraînés à haute altitude durant le dernier mois. Le plus haut point à Soldier Hollow était haut de 1 790 mètres, ce qui veut dire seulement 10 mètres sous la limite de 1 800 mètres établie par la Fédération internationale des sports. John Aalberg avait tracé le parcours. Ça devait être le parcours le plus skiable au monde, c’est à dire où le meilleur skieur devait gagner. (Malheureusement, on apprit plus tard que certains athlètes avaient utilisé des substances illégales).

Durant mes 3 années avec le comité organisateur de Salt Lake City, j’ai recruté, formé et géré plus de 400 bénévoles. Ce ne fut pas facile, et voici quelques exemples de questions qu’ils me posaient : «En biathlon, où les athlètes portent-ils leur fusil?», «En nordique combiné, après avoir sauté, est-ce que l’athlète enfile rapidement ses skis de fond?». Ceci vous montre jusqu’à quel point les bénévoles connaissaient peu le ski nordique avant les Jeux.

Les Jeux Olympiques me furent une expérience extraordinaire. Bien sûr, j’aurais aimé courser, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à essayer de créer pour les athlètes les conditions les plus favorables. Il va de même pour les Jeux paralympiques, tenus deux semaines après les Jeux Olympiques. Ces athlètes sont incroyables. Ils ont un plaisir et un amour du sport que je n’ai jamais vu auparavant.

Quand mon contrat se termina, mon mari et moi somme déménagés à Hull. Je fus très excitée quand Suzanne me téléphona pour me dire que Skinouk se cherchait un entraîneur ; j’avais tellement hâte de rencontrer les athlètes! Je crois que le Parc de la Gatineau est l’un des meilleurs endroits au monde pour s’entraîner. En plus, Skinouk offre un excellent programme ; je suis certaine qu’il y aura de nombreux bons skieurs sur les pistes cet hiver et dans le future.

Allons skier!

StineHellerud

Entraîneure 
Programme compétitif provincial
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